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  Les appartements meublés :  la nouvelle menace des hôtels

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Les appartements meublés : la nouvelle menace des hôtels

Du studio meublé à l’appartement de 2 ou 3 pièces, la Côte d’Ivoire et particulièrement la ville d’Abidjan en dispose maintenant à la pelle. Une offre qui n’est pas sans conséquence pour les hôteliers, pour qui cette nouvelle concurrence n’est pas la bienvenue.
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Les appartements meublés : la nouvelle menace des hôtels
Les appartements meublés : la nouvelle menace des hôtels / Ph (Dr)

Antoine Hervé, est journaliste français. Invité à couvrir forum en  novembre 2015 à Abidjan, a été logé dans un hôtel de haut standing près de l’Aéroport Félix Houphouët Boigny par les organisateurs. Mais à la clôture de ce forum, il avait un autre agenda pour des reportages sur l’agriculture ivoirienne. Bien avant de débarquer à Abidjan, il a pris le soin via un de ses relais de se faire louer pour 7 jours, un studio meublé dans la commune de Cocody-deux plateaux. Pour ce séjour, il a déboursé 175.000FCFA. « Le studio meublé à 25.000FCFA, c’est prenable », ne cessait-il de répéter après avoir vu sa chambre et les petites règles de convenance du propriétaire. Tout comme le professionnel des médias qui est satisfait, le propriétaire Georges Kadjo a le sourire. « Cette cour est une maison familiale que je ne peux entretenir seul. C’est l’astuce que j’ai trouvé. Et comme cette partie des II plateaux est calme. J’ai des visiteurs surtout les Week-end », fait-il savoir. En effet, lorsque nous mettons pied dans la grosse villa avec sa pelouse toute brillante, rien n’indique qu’il s’agit d’une sorte d’auberge où des particuliers peuvent venir se reposer ou passer la nuit comme s’ils étaient chez eux. « C’est surtout la discrétion et le calme qui sont mes avantages concurrentiels. Même si des clients viennent aussi parce que les chambres sont spacieuses », lancent-ils avec une joie qu’il a de la pine à dissimuler. Cette joie est aussi due au fait qu’il ne paie aucun impôt pour son business qui se fait en toute discrétion. Dès cet instant, nous comprenons que les hôtels classiques ont en face une concurrence  sournoise qui fait aussi du chiffre. Surtout que lui, n’a aucune signalétique.  Contrairement aux résidences situées non loin.

Cocody –Yopougon- Bassam,  ces quartiers huppés de résidences meublées

Pour mieux comprendre cette concurrence, nous nous rendons à Cocody Angré, précisément à la 7ème tranche. Dans cette partie de Cocody, la résidence Eunixe est presque la plus connue. Quand bien même, elle est proche de l’hôtel Selizo, elle est une cachette sûre pour beaucoup de personnes, touristes, particuliers… Avec ces appartements meublés pour une, deux ou trois pièces pour séjour, elle attire elle aussi du monde. « Pour les Week-end, il faut  faire la réservation le mercredi. Et Nous envisageons bientôt faire le package en pension pour les studios, Vendredi, Samedi, Dimanche à 75000FCFA », précise  la réceptionniste au bout du fil. A yopougon, le sous quartier d’Azito proche de la centrale électrique a aussi des appartements meublés. Sur les sites du groupe AIG (Africa Internet Group), certains particuliers n’hésitent  à laisser des annonces du type : « Appartements meublés pour court séjour, 2 pièces à 30.000FCFA ou encore appartement meublé de trois pièces, 35000 FCFA la journée ». Il en est de même du quartier Maroc où des studios meublés coûtent 18.000FCFA la nuitée. « Moi, j’ai une petite cachette au quartier France à Bassam. Il y a un particulier qui a des trois pièces à 60.000FCFA la nuit », nous indique notre voisin, Maxime. Qui n’hésite pas à vanter la discrétion de l’espace qui est quasiment anonyme.

Les hôtels perdent-ils du chiffre ?

Comme dans chaque secteur d’activité, il y a des périodes creuses et des saisons de forte sollicitation. Dans le cas de la ville de Grand Bassam, les hôteliers ne crachent pas sur les séminaires, les ateliers et forums. Ce sont ces évènements qui leur donnent le plus de clients. Il faut ajouter à cette clientèle, les particuliers en quête d’évasion dans cette ville classée au patrimoine historique de l’Unesco (Organisation des Nations Unies pour la Science, la Culture). C’est justement sur ce segment que les résidences meublées, quelles soient sans signalétiques ou avec des signalétiques font la concurrence. « Nous savons qu’il y a quelques résidences meublées qui attirent un type particulier de client  mais c’est dans une proportion minime au point où ça n’agit pas sur notre activité », indique une source proche du groupe SIETHO. Mais à la 7ème tranche à Cocody Angré, l’un des travailleurs de l’hôtel Selizo à qui nous posons la question est formelle, « les résidences meublées et autres maisons d’accueil sont une véritable concurrence. Par le passé, dès le jeudi soir, nous recevons des réservations pour toutes nos chambres. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas », fait-il savoir, tout en déplorant le fait qu’on ne puisse répertorier toutes ces maisons qui servent ainsi de résidence pour de cours séjours. « Actuellement, nous ne savons pas combien de résidence de ce type, il  y a autour de nous », se plaint-il. En attendant, certaines résidences meublées qui font leur publicité en utilisant juste la communication interpersonnelle, en se comportant comme s’ils étaient dans l’informel échappe à la fiscalité appliquée aux hôtels. Et la Côte d’Ivoire est loin d’infliger des sanctions à tous ceux qui utilisent ainsi leur maison à des fins commerciales. Alors même que la préférence des ivoiriens pour les appartements meublés va croissant.

JKK 

Source: JDE | publié le 28 Mai 2018

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