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...AU COEUR D'UN CAMPUS DE DALLAS   LE NOUVEL ELDORADO DES ETUDIANTS IVOIRIENS

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...AU COEUR D'UN CAMPUS DE DALLAS LE NOUVEL ELDORADO DES ETUDIANTS IVOIRIENS

Dallas, dans l’Etat du Texas. En ce milieu du mois d’aout, le temps est passé brusquement de la chaleur lourde et suffocante de l’été, à la pluie glaciale et ininterrompue. Un contraste qui détonne en cette période ou la mode vestimentaire habituelle est au pantalon-jeans et tee shirt, si ce n’est la culotte et le tee shirt.
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Universite de Dallars
Ce visage contrasté, Richland Community College le présente, lui aussi, dans un tout autre domaine. D’un coté, le campus, ses salles de classe, ses laboratoires, ses espaces de sport et de loisir, sont pratiquement vides. Tout est en ordre, bien en place, propre. Seuls instants de perturbation de cette quiétude ambiante : quelques étudiants et parents, perdus dans cette démesure universitaire s’étendant sur des centaines d’hectares, n’arrêtent pas de demander leur chemin...
De l’autre, des parkings bondés de véhicules de toutes marques et de divers standings, appartenant tout à la fois aux enseignants, au personnel de l’administration de l’université, aux parents, aux étudiants. Impressionnant. Plus loin, de nombreux étudiants ont pris d’assaut les guichets et salles, qui pour l’inscription, qui pour les tests d’entrée, qui pour le paiement des frais de scolarité, etc.
Avec ses 12.800 étudiants, Richland Community College est une ville dans la ville. Et un extraordinaire exemple de ‘’melting pot’’ à l’américaine. Ici cohabitent Américains et Etrangers, Noirs et Blancs, Européens, Africains, Asiatiques, Américains (du nord et du sud)… Ce matin, comme de nombreux autres étudiants, anciens et nouveaux, le jeune ivoirien K.K. est venu sacrifier au rituel des procédures d’inscriptions à Richland Community College, l’une des universités réputés de Dallas. Au menu : le test d’entrée avec, comme matières au programme, le ‘’trio choc’’ : writing (écrit), reading (lecture) et maths. Ensuite, à condition que la première phase du test soit concluante, car les résultats sont donnés immédiatement au fur et à mesure des épreuves, arrive le choix du type d’études à poursuivre, justification de cette préférence à l’appui, à la faveur des entretiens avec les conseillers d’éducation. Puis, une séance d’orientation avec l’administration de l’école pour présenter l’université dans ses divers démembrements lors d’une visite guidée. Et, pour ‘’boucler la boucle’’ : le versement des couts de scolarité du 1ertrimestre d’une année académique qui s’étend en principe sur 3 trimestres. Heureusement pour K.K., les choses se sont finalement bien passées, malgré la sueur froide engendrée par la reprise du test de writing, le premier essai ayant été négatif, avant qu’il ne fasse ‘’exploser’’ littéralement les notes dans cette matière, comme pour refermer la parenthèse de cet incident de parcours. On comprend son ‘’ouf’’ de soulagement car l’échec à ce test aurait été lourd de conséquences : dans le meilleur des cas un report de son inscription à la prochaine rentrée de janvier ou de juin 2017, sous réserve de réussir au test dans une période comprise entre 3 et 6 mois, dans le pire des cas un refus d’acceptation de l’inscription dans cette université.
Pour K.K., tout est donc bien qui finit bien. Le contraire aurait été étonnant pour lui qui a fait tout son cycle High School (ce qui est l’équivalent de l’enseignement secondaire en Cote d’Ivoire) a New York City, et va bientôt boucler sa 4eme année de présence permanente aux Etats-Unis. De New York à Dallas, son ‘’americam dream’’ (le rêve américain) se poursuit donc. Avec, dans le viseur, un diplôme en finances et l’ambition d’être le General Manager (Directeur général) d’une (grande) entreprise. De préférence en Cote d’Ivoire ou en Afrique, ou bien Aux Etats-Unis ou ‘’quelque part dans le monde’’, souligne t-il. Et de justifier cela par le fait qu’’’etre citoyen du monde, c’est pouvoir travailler justement partout dans le monde’’. D’ici là, il va falloir étudier durement pour décrocher les diplômes, les précieux ‘’sésames-ouvre-toi’’ d’une carrière professionnelle prometteuse voire réussie.
Le rêve de lendemains meilleurs, K.K. le partage avec d’autres compatriotes Ivoiriens, mais aussi un nombre impressionnants d’Africains qui ont mis, ces dernières années, le cap sur l’Etat du Texas et ses 27 millions d’habitants, ses villes emblématiques que sont Houston, Austin, Dallas, etc.
Quand on leur demande les raisons du choix de Dallas, les réponses et arguments sont pratiquement les mêmes, d’un interlocuteur a l’autre : les énormes opportunités qu’offre cette région qui partage une longue frontière terrestre avec le Mexique et qui est peuplée en grande majorité de ressortissants et originaires du Mexique et, plus globalement, d’Hispaniques. ‘’Ici, à qualité d’enseignement égal avec d’autres Etats américains, les coûts de scolarité sont très bas, étonnamment bas’’, explique P.M., arrivé a Dallas au mois de décembre dernier. Et A.B. d’ajouter cet argument massue pour tous ces jeunes étudiants : le travail à temps partiel, pour mener de pair et sans grand dommage, boulots et études, ne manquent pas. ‘’Il suffit de vouloir pour travailler’’, soutient-il. Il est vrai qu’au cœur de l’une des plus fortes économies ‘’etatsuniennes’’, l’industrie du pétrole et de la pétrochimie, le tourisme et la restauration, l’automobile et les métiers du transport, du sport, des arts et spectacles offrent des emplois en ‘’full or part time’’ (à plein temps ou à mi temps). Ce qui est plus que du ‘’pain béni’’ pour la cible estudiantine, et les parents dont le portefeuilles est quelque peu soulagé par le fait que leurs enfants peuvent ainsi faire face, eux-mêmes, à certaines de leurs charges.

Et tous nos interlocuteurs d’expliquer que ces opportunités sont en parfaite adéquation avec la politique de l’Etat du Texas d’encourager ainsi les jeunes, d’origine modeste ou aisée, américains ou étrangers, à venir y faire leurs études, y trouver des opportunités d’emplois dans divers secteurs d’activités, et donc s’y installer et construire leurs vies. Ce qui est bénéfique pour la région, en termes d’emplois générés, de taxes fiscales et parafiscales versées à l’Etat, de dynamisme culturel né du brassage de ces populations venues des 4 coins du monde, et d’essor de l’activité économique. Une politique fédérale cohérente et volontariste qui explique le positionnement du Texas comme l’un des états économiquement les plus importants des Etats-Unis. 


Kilian KRA
Source: JDE | publié le 23 Dec 2016

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