Sommet Choose France : les ors de Versailles pour attirer les investisseurs étrangers

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À deux mois des Jeux olympiques qui offriront à Paris et au pays le devant de la scène internationale, la France cherche encore et toujours à attirer la lumière. Le gouvernement l’a promis : cette septième édition du sommet Choose France avec 180 grands investisseurs étrangers et français, à Versailles lundi 13 mai, sera l’occasion d’annoncer « de très grands projets », une confirmation à ses yeux du titre de « championne européenne des investissements étrangers » détenu par la France pour la cinquième année consécutive, d’après le baromètre EY publié le 2 mai.

Emmanuel Macron se rendra lundi matin sur le site de McCain à Matougues, dans la Marne. Le groupe qui produit des frites devrait annoncer un investissement important. Mais globalement, le « record » de Choose France promis cette année devrait concerner le nombre de projets, pas forcément le montant des enveloppes qui y seront associées. L’an dernier, 28 projets avaient été dévoilés, pour 13 milliards d’euros au total.

Intelligence artificielle et informatique quantique

Parmi les annonces, les secteurs de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique devraient peser pour environ 3 milliards d’euros, d’après le journal Les Échos. Le plus gros devrait venir d’Amazon, qui voudrait installer sur notre sol un centre de données pour sa filiale de stockage de données AWS ainsi qu’un entrepôt pour son activité de commerce en ligne, le tout pour un chèque de 1,3 milliard d’euros et environ 3 000 emplois créés.

C’est aussi un centre de données qu’envisagerait de construire l’opérateur japonais KDDI pour 1 milliard d’euros, tandis que l’américain Equinix débourserait 630 millions, également pour un centre de données.

Accenture, le géant du conseil, devrait pour sa part annoncer la création de deux centres de recherche dans l’IA générative. Dans l’informatique quantique, on parle notamment d’IBM, qui voudrait ouvrir un centre de recherche et développement à Saclay pour 45 millions d’euros et 50 embauches. Tandis que le finlandais IQM voudrait s’associer avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives pour ouvrir un laboratoire pilote.

Dès le dimanche 12 mai, le gouvernement a aussi communiqué sur des projets dans les domaines de la banque (installation à Paris du campus européen de Morgan Stanley), des engrais moins polluants (FertigHy dans la Somme), du raffinage de nickel (KL1, en Gironde) ou encore de l’aviation électrique (Lilium, sur un site non encore précisé en Nouvelle-Aquitaine).

Effet économique à retardement

Comme chaque année, les projets impressionnent par leur ampleur et leurs montants. Pour autant, leurs effets directs sur l’économie ne sont ni immédiats, ni facilement mesurables. « L’impact macroéconomique de ces projets peut mettre un peu de temps à se matérialiser », reconnaît-on à l’Élysée.

Mais pour Marc Lhermitte, associé chez EY et responsable du baromètre de l’attractivité, la présence d’entreprises étrangères permet de « soutenir une grosse partie de nos exportations et donne du carburant pour l’innovation et la recherche et développement ».

L’exemple du laboratoire pharmaceutique danois Novo Nordisk est éloquent : son projet d’agrandir son site de Chartres concerne un produit destiné à l’export à 95 %, insiste l’Élysée. Les groupes à capitaux étrangers en France constituent moins de 1 % des entreprises du pays (en 2021 selon l’Insee). Mais ils contribuent à hauteur de 30 % aux exportations françaises et emploient près de 12 % des salariés en France (Insee, 2020).

Début de réindustrialisation ?

La bonne nouvelle pour la France concerne, sur l’année 2023, les projets d’implantation ou d’extension d’usine : ils ont plus que doublé par rapport à 2015, loin devant les concurrents allemand et britannique, d’après EY. « Après des années de désindustrialisation, la France réussit à arrêter l’hémorragie », commente Thomas Grjebine, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP). L’économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales note une stabilisation de la part du secteur manufacturier dans le produit intérieur brut (PIB) et des créations nettes d’usines depuis 2018.

En matière de réindustrialisation, les signaux ne vont toutefois pas forcément dans le même sens, relativise auprès de l’AFP Maxime Darmet, économiste au cabinet Allianz Trade. Et de mettre en avant « la baisse observée du montant moyen investi par projet d’investissement » depuis 2019.

Moins d’emplois créés

La France subit par ailleurs une forte concurrence de ses voisins sur les gros projets industriels, à l’instar des annonces faites entre 2022 et 2023 par les géants américain Intel et taïwanais TSMC de construire des usines de puces électroniques en Allemagne.

Du côté de l’emploi, les entreprises étrangères se sont engagées à créer ou maintenir près de 40 000 emplois l’an dernier à travers leurs nouveaux projets, en hausse de 4 % sur un an. Mais le nombre d’emplois créés par projet d’investissement est dix fois supérieur en Espagne par rapport à la France. Un autre défi à relever.

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Un programme sous les ors de Versailles

Quelque 180 patrons étrangers sont attendus à Versailles lundi 13 mai. Plus de la moitié seront non européens (20 % nord-américains et 20 % asiatiques notamment), et environ un tiers viennent pour la première fois. Une soixantaine de dirigeants français seront également présents. Chacun pourra rencontrer au moins un ministre français.

Emmanuel Macron s’entretiendra en tête-à-tête avec quelques patrons, pour lesquels une conversation avec le chef de l’État peut s’avérer de nature « à emporter la décision » sur des projets « très importants et très stratégiques », explique l’Élysée. De tels échanges avaient abouti l’an dernier au lancement par le fabricant de batteries taïwanais ProLogium d’un projet de « gigafactory » de 5,2 milliards d’euros à Dunkerque, ou à l’agrandissement pour 2,1 milliards d’euros du laboratoire danois Novo Nordisk à Chartres.

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