Jeux olympiques : pourquoi le relais de la flamme est une erreur historique

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Emblématique des Jeux, symbolique d’une unité portée à travers le monde, le relais du flambeau olympique est… une erreur historique.
La chorégraphie change à chaque nouvelle olympiade, mais la cérémonie demeure identique depuis 1936. Une femme vêtue à l’antique incarne la grande prêtresse d’Héra. Avec solennité, elle allume la flamme olympique grâce aux rayons du soleil puis transmet un peu de ce feu sacré au flambeau olympique porté par un athlète. Ce dernier s’en va alors, gambadant jusqu’au prochain athlète et ainsi de suite jusqu’à la ville hôte de l’olympiade.

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Le symbole est admirable. Le feu passe des dieux aux hommes, transporté par des athlètes prométhéens venant des quatre coins du globe et portant la lumière, dans toutes ses métaphores possibles. Sauf qu’aucun athlète antique n’a jamais caracolé de la sorte, torche au poing, à Olympie. De la même manière que ce n’était pas chez Héra qu’on « allumait le feu », malgré son tempérament fameusement explosif qui pourrait le laisser croire.

À LIRE AUSSI JO de Paris 2024 : comment devenir porteur de la flamme olympiqueCertes, on appréciait bien dans l’Antiquité les lampadédromies, ces courses de flambeaux qui sont au nombre de trois avant le Ve siècle. Elles sont alors dédiées à des divinités liées au feu : la brillante Athéna, le voleur Prométhée et Héphaïstos, le divin forgeron. Par la suite, les courses de flambeaux se multiplient, sans pourtant passer par Olympie.

Feu sacré

Pourtant, comme le flambeau olympique moderne, le feu des torches des lampadédromies est d’origine sacrée, provenant d’un autel et servant à en allumer un autre. Comme le flambeau olympique, la flamme est d’une incomparable pureté puisqu’elle est directement allumée par les rayons du soleil. Elle doit donc être maintenue vive sur les torches antiques par une combustion de matières nobles, comme le bois ou la cire. Les flammes obtenues à partir de la combustion d’une mèche trempée dans de l’huile d’olive de basse qualité, impropre à la consommation, n’ont pas la même valeur symbolique. Ainsi, du point de départ au point d’arrivée, la course aux flambeaux porte une flamme sacrée que (presque) rien ne saurait venir polluer. Enfin, à l’issue de cette course, la torche était souvent consacrée aux dieux.

Or, dans l’antique Olympie, il est un feu qui aurait été bien utile aux courses de flambeaux si seulement elles étaient passées par là.

Retour au bercail

C’est sur l’autel du Prytanée (siège des magistrats) que brûle perpétuellement le feu d’Hestia, déesse du feu sacré et du foyer. Elle est la première entre toutes les divinités, car elle est la dernière recrachée par son père Cronos, et donc la première qu’il a dévorée. Ce feu est entretenu nuit et jour pour ne jamais s’éteindre. C’est par les cendres de ce feu immortel que l’on allume celui des autels de Zeus et Héra durant les Jeux olympiques.

À LIRE AUSSI Jeux olympiques : d’où vient la couronne d’olivier ? Il est parfaitement logique que le feu d’Hestia soit celui de cette compétition panhellénique. La déesse du foyer est aussi, par extension, celle de la maison, de la famille rassemblée. Lorsque son feu brûle dans le Prytanée, alors elle devient le foyer de toute la cité. Or, il semblerait que sur l’autel du Prytanée – qui existe toujours – d’Olympie, le sanctuaire des Jeux les plus révérés, ce feu devienne bien naturellement le foyer de tous les Grecs.

Épiméthée moderne

Il est toujours dommage de réfléchir après coup. Or, le Comité olympique semble être passé à côté d’une occasion, littéralement en or. Les textes décrivant la statue chryséléphantine de Zeus sculptée par Phidias pour le temple d’Olympie décrivent une base représentant les douze dieux de l’Olympe par paire. Parmi eux, Hermès est associé à Hestia. Deux personnalités liées au feu, en tout point opposées mais divinement complémentaires. À l’immobilité parfaite et rassurante d’Hestia au centre du foyer, à sa capacité à réunir dans un espace clos ou restreint, s’opposent la mobilité volage d’Hermès et son talent pour passer d’un état à un autre, son instabilité et son imprévisibilité. Ensemble, ils définissent l’espace du monde à partir d’un point, d’un foyer central, celui où l’on se trouve et duquel on définit des directions. Puis, partout autour, une infinité de possibilités de mouvements.

À LIRE AUSSI D’où vient le stade olympique ? En prenant pour dieux tutélaires Hestia et Hermès, la flamme olympique moderne aurait pu être celle qui part du foyer historique d’Olympie pour toujours y revenir, elle aurait pu parcourir le monde comme un Hermès aux sandales ailées. Hélas, à chaque nouvelle olympiade, on s’enthousiasme de ce que la flamme s’allume, mais on ne se formalise jamais de ce qu’elle soit volontairement soufflée. Prométhée s’en serait étouffé.


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