Sur les traces des Jeux olympiques parisiens de 1900 et 1924

, Sur les traces des Jeux olympiques parisiens de 1900 et 1924

Cet été, nous vous proposons une série d’articles sur l’histoire de Paris et des Jeux olympiques. Dans ce premier épisode, découvrez les deux premières expériences parisiennes. Si les Jeux de 1900 ont laissé peu de traces intramuros, il en va autrement de ceux de 1924, dont les Parisiennes et les Parisiens profitent de l’héritage… parfois sans le savoir.

Des Jeux olympiques à
Paris en 1900… Mais alors, où sont passés les stades, les piscines, les
gymnases ? Difficile en effet de trouver dans la capitale les traces
concrètes des « Jeux de la deuxième olympiade », selon la
terminologie officielle de l’époque. Il faut dire que ces Jeux ont une histoire
particulière, qui explique en grande partie le peu de place qu’ils ont laissé dans l’histoire de l’olympisme… au grand dam du « père »
des Jeux olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin.

En 1900, des Jeux pas
vraiment olympiques…

Pierre de Coubertin (1863-1937), éducateur français, rénovateur des jeux Olympiques.

La décision
d’organiser les Jeux à Paris est prise au 1er congrès olympique en
1894. L’honneur des premiers Jeux modernes, en 1896, revient à Athènes, capitale
de la Grèce. Pierre de Coubertin, président du Comité international olympique, se réjouit
d’accueillir cette deuxième olympiade à Paris en 1900, mais il doit subir de
plein fouet la concurrence d’un autre projet : la tenue dans la capitale,
la même année, de l’Exposition universelle.

Alfred Picard, commissaire général de l’exposition veut, lui, organiser dans le cadre de l’Expo, des
« concours internationaux d’exercices physiques et de sports ». Pierre de Coubertin est furieux. Finalement un compromis intervient en 1899. Il est
décidé que « Les
concours de l’Exposition tiennent lieu de Jeux olympiques pour 1900 et comptent
comme équivalent de la deuxième olympiade »
. Résultat, les épreuves ne s’appellent pas
« Jeux olympiques » dans les documents officiels, mais elles sont
quand même assimilées à des Jeux olympiques… Le difficile art du compromis.

Cette polémique a des
conséquences concrètes sur l’organisation de la manifestation sportive. Les Jeux
s’étalent sur six mois de mai à octobre 1900, le temps de la durée de
l’Exposition universelle. Y figurent également des épreuves non reconnues par
le comité olympique : concours de ballon, pêche à la ligne, tir au canon…

Ce contexte particulier
explique l’absence d’infrastructures dédiées aux Jeux de 1900. Il est en effet
décidé que l’aménagement de sites réservés aux concours
sportifs « entraînerait des
frais de construction élevés et ne répondrait pas au but que l’on
poursuit : la création de grands concours passagers sans dédoublement de
l’Exposition elle-même ».

La Cipale, seul vestige des Jeux de 1900

Course des 100 km du meeting de l'exposition sur le vélodrome de Vincennes, le 13 septembre 1900

On peut tout de même
signaler quelques vestiges. Il en va ainsi du « vélodrome municipal de Vincennes » – racheté bien plus tard par la Ville de Paris – inauguré
en 1896 et qui prend rapidement le surnom de « Cipale ». En 1900,
outre le cyclisme, s’y déroulent aussi notamment des épreuves de gymnastique, de
football et de rugby.

La piste sera également utilisée
pour les Jeux parisiens de 1924. De 1968 à 1975, c’est sur ce vélodrome
qu’arrive chaque été le Tour de France. La « Cipale » prend le nom
de « Vélodrome Jacques Anquetil » en 1987 et fait l’objet d’une
importante opération de rénovation de 2012 à 2015. La piste pourrait encore être le
lieu d’entraînement pour les Jeux parisiens de 2024.

Qui l’eût cru ? Le
jardin des Tuileries (Paris Centre) a également servi d’enceinte pour les
épreuves des Jeux de 1900. C’est en effet dans cet écrin de 25 hectares que se
déroulent les combats d’escrime. Plus étonnant encore, la place de Breteuil (7e)
accueille les épreuves d’équitation avec la construction d’un hippodrome
provisoire.

Pas d’installations durables
dédiées… pas de trace de ce passé, donc.

Mais alors, s’il
n’y a pas de stade, où se sont déroulées les épreuves d’athlétisme reines des
Jeux ? Au sein du bois de Boulogne, sur le site de la Croix Catelan dont
le Racing Club de France est concessionnaire depuis 1886… et l’est toujours
aujourd’hui. On installe à la va-vite deux tribunes de 600 places le long d’un
terrain en herbe où les couloirs des athlètes sont tracés à la chaux.

Pour les autres
épreuves, il faut quitter Paris. L’île de Puteaux accueille le tennis – épreuve
ouverte aux femmes – au sein de la Société sportive de l’île de Puteaux, fondée
en 1873, l’un des tout premiers clubs de tennis qui a vu le jour en France. Les
compétitions de voile se déroulent sur la Seine, très exactement sur le plan
d’eau de Meulan géré par le Cercle de la Voile de Paris. Le même lieu sera
utilisé lors des Jeux de 1924.

Les concours de tir
sont organisés sur le terrain militaire de Satory non loin de Versailles et il
faut aller à Compiègne dans l’Oise pour suivre les épreuves de golf, car il n’y
a alors aucun terrain plus proche de la capitale.

Les installations de 1924, toujours présentes un
siècle plus tard

Vingt-quatre ans
s’écoulent, Paris retrouve les Jeux olympiques, dénommés officiellement
« VIIIe Olympiades ». Pierre de Coubertin, toujours président du Comité international olympique, – il quittera ses fonctions à l’issue des Jeux
de Paris de 1924 – est satisfait d’avoir réussi à imposer de nouveau la
capitale après le semi-échec de 1900.

Cette fois, les
organisateurs voient les choses en grand. De très nombreuses nouvelles
installations dédiées à la pratique sportive vont émerger dans Paris et les communes
limitrophes. Quelques-unes ont survécu.

À commencer par le stade de Colombes. À
l’origine, en 1883, il s’agissait d’un hippodrome. Puis il a été partiellement
transformé en stade en 1907. À compter de 1920, lorsque le célèbre Racing Club
de France devient locataire du stade, les compétions de football, de rugby et
d’athlétisme s’y enchaînent.

Le Racing Club de France impose Colombes

Stade Yves-du-Manoir, à Colombes

Le Racing pèse de tout son poids pour que le stade
soit choisi, après agrandissement et rénovation, comme lieu central des Jeux olympiques. Colombes est en effet en compétition avec le stade Pershing (12e)
et le Parc des Princes (16e). Mais la question budgétaire permet au
Racing de l’emporter, le club assurant le financement de l’embellissement du
stade, ce qui séduit les autorités olympiques et publiques. En échange, le club
obtient 50 % des recettes des Jeux. Le
nouveau stade de Colombes, conçu par l’architecte Louis-Faure Dujarric, permet
d’accueillir 45 000 places dont 20 000 assises. Il est ultra moderne
pour l’époque avec son éclairage électrique, ses vastes vestiaires, de l’eau
chaude, une salle de presse sous les gradins. etc.

Le stade de Colombes est le lieu central
des Jeux de 1924, accueillant non seulement les cérémonies officielles d’ouverture
et de clôture, mais aussi de nombreuses épreuves tels le football, la
gymnastique, l’athlétisme…

Le stade de Colombes est toujours là. Il a
connu des hauts puis des bas avec la rénovation du Parc des Princes et la
construction du Stade de France qui lui ont volé la vedette. Mais il a été
rénové et il est même retenu pour accueillir les épreuves de hockey sur gazon.

À noter que c’est également à Colombes en
1924 que, pour la première fois à l’occasion des Jeux, fut édifié un village olympique
pour accueillir les athlètes. Constitué de maisons en bois, il n’en reste plus
rien aujourd’hui.

La piscine de Tarzan

Piscine des Tourelles

En revanche dans Paris intramuros, un autre
site d’héritage des Jeux de 1924 perdure encore, sans que les petits Parisiens qui barbotent dedans le
sachent forcément : la piscine des Tourelles – devenue Georges-Vallerey en
mémoire d’un célèbre nageur qui s’y est illustré – dans le 20e arrondissement. C’est
le premier bassin de 50 mètres à couloirs séparés par des lignes de bouchons de
liège. Elle possède aussi des gradins où peuvent siéger 1 500 spectateurs.

En 1924, elle accueille les épreuves de
natation et de waterpolo. Un athlète américain s’y illustre : Johnny Weissmuller.
Il y remporte quatre médailles, dont trois en or. Mais c’est bien
plus tard qu’il deviendra célèbre en incarnant à douze reprises au cinéma le
rôle de Tarzan.

Dans l’Ouest parisien (16e), un
autre site est encore visible : l’hippodrome d’Auteuil. Certes, il existe depuis 1873. Mais pour les Jeux de 1924, les tribunes ont été entièrement
refaites et une piste de steeple a été créée.

Plus au nord de Paris (18e),
le stade Bauer – du nom de Jean-Claude Bauer, médecin juif, communiste et
résistant, arrêté en 1942 par la police française et fusillé – ancien stade de
Saint-Ouen à sa création, puis rebaptisé stade de Paris en 1922, accueille
toujours des compétitions sportives comme en 1924 où des épreuves de football s’y
déroulèrent.

Le Vel d’hiv… pour ne jamais oublier

Course des 6 jours au Vél' d'Hiv, en 1924.

Enfin, on ne peut pas terminer cette
énumération des sites laissés en héritage sans évoquer le Vélodrome d’hiver, le
célèbre « Vel d’hiv ». Inauguré en 1910 dans le 15e arrondissement,
il a été détruit en 1958. Mais son souvenir doit être maintenu pour des raisons totalement étrangères aux Jeux olympiques.

Certes, avec ses 17 000 places, il a accueilli
notamment les épreuves de boxe durant les Jeux de 1924 et ensuite beaucoup d’autres manifestations sportives et populaires. Mais c’est à cause des évènements dramatiques qui s’y déroulent à l’été 1942 qu’il ne faut pas oublier le Vel d’hiv.

Il y a 81 ans, les 16 et 17 juillet 1942, une opération menée par la
police française conduit à l’arrestation de plus de 13 000 juifs,
hommes, femmes et enfants. Ils sont parqués dans des conditions inhumaines
durant plusieurs jours dans le Vel d’hiv, avant d’être transférés dans des
camps de transit puis déportés dans le camp nazi d’Auschwitz en Pologne. La
plupart y furent assassinés. Une plaque commémorative est apposée boulevard
de Grenelle (15e), sur l’emplacement de l’ancien vélodrome, pour ne
jamais oublier.

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